
"Un rien suffit à tout, à tout ce qui est bon et à ce qui ne l'est pas. Il faut savoir accepter. Avec le temps, on s'assagit. Je regrette tous les reproches que je t'ai faits" Yasmine Kadhra , Ce que le jour doit la nuit
Mon cher Nadir, Je t’ai attendu cette nuit-là comme on attend un oiseau de bon augure. Je t’ai attendu, certes, cette nuit-là, et toutes les autres qui ont suivi. Mais tu n’es jamais revenu. Un écrit de toi aurait pourtant tout changé. Quelques mots seulement, quelques lignes peut-être, et cette nuit aurait été différente. Mais tu n’es jamais revenu. Aujourd’hui encore, je me demande pourquoi. Avec le temps, j’ai fini par comprendre. Les gens changent. Les promesses perdent de leur poids. Les responsabilités prennent davantage de place, et le cœur, lui, reste spectateur de tout ce qui lui échappe. Le fatum a été bien dur, cette fois-là. Et que diable, combien j’aurais aimé te parler. Ce soir encore, dans le silence d’une nouvelle nuit d’insomnie, je me surprends à penser que quelques mots de toi auraient peut-être suffi. Ta voix, quelques minutes seulement. J’aurais aimé te raconter ce qui me pèse, entendre tes mots, retrouver ne serait-ce qu’un instant cette familiarité qui apaise. Mais tu n’étais pas là. Et pourtant, mon cher Nadir, ta voix aurait tout changé cette nuit-là. Néanmoins, pardonne-moi, Nadir, pour toutes les fois où j'ai attendu de toi plus que tu ne pouvais me donner.
Hania t'a écrit cette nuit encore...
