
« Vous croyez que votre douleur et votre chagrin sont sans précédents dans l’histoire du monde, et puis vous lisez. » James Baldwin
Hania, je suis revenue vers toi.
Je me suis toujours demandé à partir de quelle intensité la douleur pouvait rendre fou. Comme si la douleur pouvait être contenue, comme si l’on pouvait mesurer ses larmes.
Peut-être que ça aurait été plus facile, moins douloureux, d’avoir un vice. J’y aurais noyé toute ma peine. J’aurais allumé une cigarette, fait l’amour à tous ceux que j’aurais rencontrés ou pris une bouteille de whisky pour me consoler, me procurant ainsi un semblant de réconfort. Mais je ne fume pas, je ne couche pas, je ne bois pas.
J’ai des amis qui écoutent et qui frappent là où ça fait mal, pour raisonner la tête de mule que je suis. Des amis qui me laissent des mots. Et quand je m’effondre, ils sont là.
La douleur, telle qu’on en parle dans les poèmes, les chansons et les films, est très souvent associée au chagrin d’amour.
Il y a des douleurs qui déchirent beaucoup plus. Il y en a qui n’attendent pas le silence complice de la nuit avant de faire mal.
Elles arrivent au bureau, quand on marche, quand on cuisine, quand on mange. Elles te font couler des larmes en plein jour, comme pour te faire ressentir à quel point tu es pathétique, pendant que les autres, eux, vivent. Ou peut-être pas. Au final, nous avons tous nos démons.
Ah, Hania, je suis navrée de nous détruire.
Pardonne-moi de ne pas avoir été plus égoïste. Bien à toi Nova, ta tendre soeur
