
poème · Promis FANGNON · 3 min de lecture
La mort
La mort tout simplement. Oui, la vraie. Existe t-elle? Sûrement. Mais physiquement? Ou juste un courant qui traverse temporairement un endroit et emporte avec elle juste quelques âmes non averties. Tel un aigle royal qui fonce depuis le ciel vers la terre pour piocher une proie précise, sans toutefois s'accaparer de la savane entière. Alors, cette mort, la mort, puisqu'il n'y en a qu'une. Apparemment. Puisque son mode d'action est toujours le même. Juste provoquer l'épuisement du corps et libérer l'âme, enfin si celle-ci existe, bien sûr. Et pourquoi elle, la mort, apparaît aux yeux des humains comme un danger, un drame, un événement douloureux? Pourtant, j'estime, qu'elle seule, est capable de nous faire vivre réellement. Si vous devriez vivre éternellement, à priori , n'importe qui, ou du moins, sur un moment precis , le commun des mortels le goberait sans broncher. Et pourtant, très vite, celà ennuierait. Alors, ne serait-ce pas la mort qui fait réellement vivre la vie? Si la mort n'existait pas, la vie serait bondée, submergée, angoissante, épuisante, et même morte. La vie serait donc morte alors que la mort n'existait même pas. La mort est donc selon moi, le seul moyen de donner un sens à tout ceci. Cette vie, les gens, qui naissent, vivent, et ensuite se fanent. Comme une fleur.La vie est selon moi une mort dont nous relève la mort. C'est à dire, et si, cette vie n'était que simplement une illusion, un dogme que nous imposait notre esprit, une sentence tel le résultat d'un verdict de tribunal, ou même comme une vérité première que notre conscience s'efforce continuellement d'accepter ? Et qu'il faille à tout être vivant, de mourir pour enfin accéder à la réalité? La mort ne serait-elle alors pas une délivrance? Sûrement. Son seul malheur, peut être, c'est de priver les gens autour, qui vivent également dans l'illusion à nos côtés, encore qu'il faille exister dans la leur, d'amour. Qu'elle, la mort, intervienne au milieu de projets inachevés.Quoiqu'il en soit, elle, la mort demeure le seul outil pour mesurer l'efficacité de la vie. Puisque c'est simplement à notre mort, que nous faisons réellement le bilan de notre vie.Si on s'y préparait, ne serait-ce pas meilleur pour tout un chacun de nous? La préparation à la mort ne nous ferait-elle pas nous sentir prêts quand la faucheuse aura tourné dans le virage menant à notre âme , avec pour seule ambition de la saisir et de faire faner l'enveloppe, le corps? Sûrement pas. Nul ne sera jamais assez préparé pour y faire réellement face. Car, notre conscience aura, dans une infirme zone, d'elle même, conservé le doute, cette peur, de la ''non-vie''.Autant simplement vivre, et l'attendre avec patience et fermeté car c'est un rendez-vous, qu'elle, la mort, honorera...toujours.