
texte · Riri · 2 min de lecture
Ces rêves que je fais dans les tiens
La question que je ne te poserai jamais.
Chaque nuit, drapée de soie et d'amour, elle s'imaginait se promenant dans ses rêves. Il est difficile d'aimer sans savoir si l'autre éprouve les mêmes sentiments.
Alors, elle avançait à pas feutrés dans ce monde qu'elle avait inventé, de peur d'y laisser une empreinte qui le réveillerait. Elle cueillait ses silences comme on cueille des fleurs fanées : avec une tendresse absurde, persuadée qu'elles avaient encore quelque chose à offrir.
Le jour, elle se persuadait que l'amour est patient, doux et beau. La nuit, elle découvrait qu'il est surtout une longue salle d'attente où l'on finit par douter de son propre nom, de ses propres envies et de ses propres rêves.
Peut-être l'aimait-il. Peut-être pas. Entre ces deux possibilités s'était bâtie une prison sans murs dont elle possédait elle-même la clé, sans jamais trouver le courage de s'en servir. Il aurait suffi d'une seule question pour connaître la vérité, mais cette question semblait impossible à prononcer.
Car le plus cruel n'était pas d'être oubliée. Le plus cruel était de continuer à espérer qu'au même instant, quelque part, un autre cœur prononçait son nom avec la même ferveur silencieuse, avec le même désir ardent.
Vous savez, c'est un étrange mélange de paix et de peur. En sa présence, elle respirait l'harmonie ; en son absence, la peur de la solitude rallumait ces braises et envahissait tout son être.
Et chaque matin, lorsqu'elle ouvrait les yeux, elle quittait ses rêves comme on quitte une maison qui n'a jamais été la sienne.