
"Si tous les individus étaient du même moule, ce serait l’épouvantable collectivisme." Mariama Bâ, Une si longue lettre, p. 95.
04 septembre 2026
On parle d’hier comme du passé et de demain comme du futur. Et quand demain arrivera, les mots resteront les mêmes, avec pour seul changement qu’aujourd’hui sera devenu hier. Le monde tourne à une vitesse qui m’effraie autant qu’elle me fascine. Et nous, les humains, simples acteurs de ce vaste mouvement, nous restons là, à regarder l’univers se métamorphoser. Certains stagnent, d’autres régressent, d’autres encore avancent.
Et je regarde tout cela depuis ma petite campagne, au nord de Dakar.
Ma mère a fait du thiéboudiène tout à l’heure, et j’en ai mangé. Je me suis alors demandé comment, avec la même recette, les goûts pouvaient être à ce point différents. Car lorsque ma tante le fait, le plat est bon, mais il n’en reste pas moins différent de celui de ma mère. Ma sœur dit la même chose, sauf qu’elle préfère le goût de mon thièb. Ironique, non ? Quant à mes deux frères jumeaux, l’un trouve Hawa magnifique, tandis que l’autre n’a d’yeux que pour Amy. Alors je me demande : pourquoi nos différences sont-elles si marquées ?
Si la perception de l’odorat, du goût, de l’ouïe, du toucher et de la vue change en fonction de chaque personne, alors nous sommes des milliards à porter en nous des perceptions distinctes de ces cinq sens. Mais quelle infinité !
Tout cela pour dire que, de mon modeste point de vue, regarder la vie de nos jours, c’est un peu comme observer une multitude de choses différentes, en constante évolution, en constante avancée ou en constante régression, et s’attendre à ce que notre perception soit la même que celle des autres n'est finalement qu'une utopie.
La douleur, la joie, la tristesse, le rire, la manière de comprendre… tout est différent.
