
texte · Riri · 3 min de lecture
La langue de nos nuits
Entre le creux de tes doigts...
Entre le creux de tes doigts, entre les lignes de ton cou, Je ne saurais dire plus exactement quand et où tout a commencé. Peut-être est-ce le jour où nos regards ont cessé d'être empreints d'innocence. Peut-être cette nuit où le silence entre nous est devenu plus intime que toutes les conversations que nous avions eues auparavant, comme s'il dissimulait une tension. Il y avait déjà quelque chose dans ta façon de me regarder. Une patience dangereuse. Un désir refoulé dans les tréfonds de ton âme. Une tendresse qui ressemblait à une promesse. Une douceur qui cachait un appel.
Nous étions deux êtres raisonnables qui prétendaient ignorer l'évidence.
Pourtant, chaque regard durait un peu trop longtemps. Chaque sourire était un peu plus qu'insistant. Chaque effleurement laissait une trace. Chaque au revoir ressemblait à un regret.
Je suis tombé amoureux de toi.
Dès lors, j'ai compris combien je te désirais, combien je désirais toucher ta peau nue. Puis un jour , non, une nuit, les deux sentiments se sont confondus. Depuis, il m'est impossible de distinguer ce qui appartient à mon cœur de ce qui appartient à ma peau. J'aime la femme que tu es lorsque tu parles de tes rêves avec cette lumière dans les yeux, lorsque tu ris avec cette insolence qui est la tienne. J'aime celle qui doute, celle qui se cache derrière ses sourires polis. J'aime aussi celle qui s'approche de moi dans l'obscurité, lorsque le monde n'existe plus et que nos souffles deviennent notre seule langue, la seule que nous voulions comprendre. Il y a quelque chose de sacré dans notre proximité. Car tout en toi, tout de toi, crie le désir à mon être. Comme si nos corps se reconnaissaient avant même que nos mains ne se cherchent. Lorsque tu es contre moi, je découvre une version de moi-même que personne d'autre ne connaît. Plus douce. Plus vulnérable. Plus vivante. Les autres parlent du désir comme d'un incendie, d'une mauvaise chose. Ils ont tort.
Le désir ressemble davantage à toi... Peu importe le temps, la distance ou les raisons que j'invente pour m'éloigner de toi, je finis toujours par te revenir, par retrouver la chaleur de tes bras. Alors je collectionne les instants. Le creux de ton sourire. La chaleur de tes doigts. Le souvenir de ta tête contre mon épaule. La façon dont tu prononces mon prénom lorsque nous sommes seuls. Les différentes nuances de ton visage me reviennent encore et encore.
Ô Dieu, je suis charmé... et je ne veux pas rompre le sortilège qui me lie à toi. Parce que je sais que l'amour n'est pas seulement cette fièvre qui nous consume. C'est aussi cette étrange paix que je ressens lorsque tu es là. Cette certitude silencieuse que, parmi toutes les personnes que j'ai rencontrées et que j'aurais pu rencontrer, c'est vers toi que mon âme et mon corps ont choisi de revenir. Encore. Et encore. Comme si aimer n'avait jamais été une décision, mais notre destinée... Notre fardeau, le plus beau qui soit.